1988 - xDSL
Par Vincaria le mercredi 15 avril 2009, - Inventions - Lien permanent
En 1983, une action
anti-trust contre l'American Telephone and Telegraph
conduit au
démantelement du consortium réunissant les compagnies régionales Bell
appelées aussi Baby Bells
. Il en résulte la création de la société
AT&T
qui récupère les laboratoires
Bell mais souhaite se doter d'un centre de Recherche & Développement.
L'entité Bellcore
(Bell Communications Research
) est ainsi crée
en 1984.
Plus d'un siècle après l'invention du téléphone par Alexandre Bell, les
communications s'échangent toujours par le biais des fils en cuivre qui tissent
le réseau téléphonique. En outre, l'utilisation croissante du réseau à des fins
informatiques requiert des échanges beaucoup plus volumineux. Fin des années
1980, les équipes Bellcore étudient donc la possibilité d'augmenter le débit
des communications (augmentation du volume et de la vitesse).
Né en 1916, le mathématicien et chercheur américain, Claude Elwood Shannon
écrit en 1948 un article intitulé A Mathematical Theory of
Communication
qui sera publié en deux parties dans le Bell System
Technical Journal
en juillet et octobre 1948. Cet article fait aujourd'hui
encore office de référence en matière de théorie de l'information. Il traite
notamment des aspects transmission de l'information et décrit les processus
applicables aux transmetteurs, aux récepteurs ainsi qu'aux canaux porteurs
d'information.
En 1988, s'appuyant sur les travaux de Claude Shannon, Joseph Lechleider alors
au sein de Bellcore, développe une technique de communication permettant
d'intégrer les échanges simultanés de voix et de données sur la même ligne
téléphonique, au travers de signaux large-bande
et de manière
asymétrique. Cette nouvelle technologie est nommée ISDN
(Integrated
Services Digital Network
) et permet donc l'intégration de services
d'échanges de données sur les lignes en cuivre du réseau téléphonique
classique.
La technologie DSL
(Digital Subscriber Line
ou Ligne Abonné
Numérique
) est basée sur l'utilisation pour le transport de données
numériques d'une large bande de fréquences, disponible sur la ligne d'un abonné
mais non utilisée pour les échanges vocaux qui se limitent à une partie très
limitée du spectre de fréquences. Le principe de la technologie repose
également sur une modulation dite multiporteuse
qui divise le spectre de
fréquence à utiliser en 256 sous-canaux (principe nommé DMT pour Discrete
MultiTone
).
Afin de répondre aux besoins de transmission de communication vidéo à la
demande
, la première déclinaison de la technologie DSL, HSDL (High
bit-rate DSL
) sera développée aux débuts des années 1990. Elle établit
alors des échanges symétriques
(bande passante équivalente depuis
l'opérateur vers l'abonné et inversement) mais nécessite l'utilisation de
plusieurs lignes téléphoniques simultanément.
Au milieu des années 1990, les besoins relatifs à la VOD (Vidéo à la
demande
) s'estompent peu à peu et l'émergence des ordinateurs personnels
connectés à Internet refait naitre les besoins d'augmentation des débits sur
les réseaux des opérateurs téléphoniques. Une fois encore, la technologie DSL
devient la solution adaptée. En 1996, la loi de réforme des télécommunications
autorise les compagnies téléphoniques locales, les opérateurs téléphoniques
longue-distance, les opérateurs du câble, les diffuseurs radio et télévision,
les fournisseurs d'accès Internet ainsi que les équipementiers à se partager un
marché commun à tous. La nécessite de fournir à chaque abonné (particulier ou
entreprise) une bande passante importante devient primordiale.
Vont alors voir le jour de nombreuses déclinaisons de la technologie
DSL :
- ADSL (
Asymmetric DSL
) : permet l'échange de données de manière asymétrique, avec une bande passante importante endescente
(de l'opérateur vers l'abonné) et moindre enmontée
(de l'abonné vers l'opérateur). - RADSL (
Rate-Adaptive DSL
) : pilotage logiciel du débit de la ligne en fonction des besoins, sorte d'ADSL aux débits dynamique. - VDSL (
Very-high-data-rate DSL
) : technologie en développement basée sur la fibre optique dont l'objectif est principalement l'utilisation d'applications très gourmande en bande passante, notamments la télévision Haute-Définition. - SDSL (
Symetric DSL
) : c'est une alternative aux liaisons classiques ditesliaisons louées
ouframe-relay
et les débits descendants et montants sont symétriques.
Néanmoins, la technologie ADSL est fortement dépendante de la distance séparant
l'abonné du central téléphonique de l'opérateur. Les débits permis vont de 256
Kbit/s à 8 Mbit/s (distance maximale de 2 kms en ADSL) et même 24 Mbit/s
(distance maximale de 5,5 kms en ADSL2+). Dans la majorité des cas, le débit
est supérieur à 1,5 Mb/s (ligne dite T1
) si la distance est inférieure à
environ 5,5 kms (18.000 pieds). En dessous de cette distance, les débits sont
moindres (c'est également le cas pour les lignes SDSL).
Dès 1994, France Télécom mena un certain nombre d'expérimentations qui
aboutiront en 1999 à la commercialisation du premier service d'accès ADSL par
France Télécom Interactive
. Les offres n'ont depuis cessé d'évoluer et
la majeure partie des opérateurs proposent aujourd'hui des offres dites
Tripe Play
réunissant téléphonie, accès Internet et télévision par
ADSL.
Les premiers Modems
ont
maintenant fait place à des modem ADSL communément appelés Boxs
, qui
permettent l'interconnexion des équipements téléphoniques, informatiques et
télé des abonnés.