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1991 - Webcam

En 1991, alors que le web n'en était encore qu'à ses premiers pas, une quinzaine de chercheurs du Laboratoire Informatique de l'Université de Cambridge travaillent sur les réseaux ATM ("Asynchronous Transfer Mode") au sein d'une salle nommée "Trojan Room". Dans le couloir extérieur menant à cette salle se trouve une machine à café qu'utilisent les chercheurs. Elle est également partagée par d'autres chercheurs situés dans les autres salles du bâtiment, qui sont souvent agacés de voir la cafetière vide quand il arrivent pour prendre leur café.

Paul Jardetzky et Quentin Stafford-Fraser, tous deux chercheurs du laboratoire, remarquent alors que l'une des machines de la salle "Trojan Room" dispose d'un composant de traitement vidéo et n'est pas utilisée. A l'aide de quelques câbles enfouis dans le plancher, ils relient cette machine à une caméra vidéo placée à côté de la cafetière. Paul Jardetzky développe alors un logiciel serveur capable de recevoir les images (au rythme de 3 images par minute), et Quentin Stafford-Fraser développe le logiciel client permettant de récupérer depuis le serveur les images (128 pixels par 128 pixels) de la cafetière sur son écran. En une journée, le logiciel "XCoffee" vient de naitre.


Lorsque que Robert Metcalfe, co-inventeur du protocole Ethernet et fondateur de la société 3Com, visite le laboratoire de Cambridge le 27 janvier 1992, il est immédiatement conquis pas le concept et publie un article sur "XCoffee". Paul Jardetzky et Quentin Stafford-Fraser étant retourné à leurs occupations, ce sont les chercheurs Daniel Gordon and Martyn Johnson qui reprennent le flambeau. Le navigateur Mosaic supportant à présent l'affichage d'images, ils décident en 1993 de rendre les images disponibles sur le serveur web du laboratoire en modifiant le logiciel "XCoffee". La "WebCam" pour "Web Camera" vient de naitre.

Dès 1996, la fréquentation virtuelle de la "Trojan Room Coffee Pot" (Cafetière de la salle "Trojan Room") dépasse le million de vues, soit plus à l'époque que la Chapelle du King's College de Cambridge. En 1998, la barre des 2 millions de vues est passée. Le succès de cette webcam ne cessera alors d'augmenter jusqu'au 22 août 2001 où la caméra est définitivement éteinte. La cafetière, de marque Krups a quant à elle été vendue aux enchères sur eBay pour 3350 livres anglaises au journal allemand Spiegel Online.

Durant de nombreuses années, c'est un système "Acorn" de la société Archimedes qui fut employé pour récupérer les images du capteur vidéo et les encoder au format JPEG.

En 1994, deux étudiants de San Francisco fabriquent leur propre webcam qui deviendra "The San Francisco FogCam". Elle est aujourd'hui la plus ancienne webcam encore en activité.

Toujours en 1994, la société Netscape installe la célèbre webcam en face d'un aquarium : "The Amazing Netscape Fish Cam". Le logiciel Netscape Communicator possèdera même une séquence de touches cachée pour l'afficher (CTRL + ALT + F).

En 1996, la jeune étudiante américaine Jennifer Ringley crée le scandale en installant chez elle une webcam qui permet de suivre ses faits et gestes en temps réel. Le site "JenniCam" sera fermé le 31 décembre 2003.

Aujourd'hui les webcams sont des périphériques de capture vidéo plus élaborés et complexes et parfois intégrés dans les ordinateurs portables ou les écrans. Certains fabricants proposent aussi des webcams autonomes, qui embarquent un serveur web et qui sont directement connectées au réseau au moyen d'une prise RJ45.

Il existe par ailleurs des millions de webcams braquées sur des appartements, des maisons, des bureaux, des immeubles. Elles fournissant des vues sur le panorama, la vie d'un internaute, le traffic autoroutier, la météo, les volcans, etc ... Elles permettent aussi de tout simplement diffuser des images entre internautes lors d'une conversion audio-vidéo.

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1997 - Peer-to-peer (P2P)

Dès sa conception à la fin des années 1960, le réseau ARPANET pose les bases d'un réseau d'interconnexion non hiérarchique et non centralisé. En théorie, la communication entre utilisateurs finaux ne dépend d'aucun élément central et d'aucune liaison point-à-point . Il est donc pas définition possible d'échanger des informations avec n'importe quel ordinateur relié au réseau. Les premiers échanges de données, via les protocoles telnet ou ftp notamment illustrent bien cette idée de connexions non centralisées, inutile de se référencer auprès d'un serveur central pour communiquer entre utilisateurs. La réalité est un peu plus contrastée puisque pour beaucoup de protocoles IP, un modèle client-serveur est nécessaire : un serveur héberge les données et des clients s'y connecte pour les lire ou les modifier.

1969 - Arpanet (ARPA Network)

A partir de 1940, le département de la Défense américain crée une agence chargée des projets de recherche en matière de défense militaire. Cette agence nommée DARPA ("Defense Advanced Research Projects Agency") va être à l'origine de la naissance du réseau prédécesseur d'Internet, mais aussi du programme Transit ancêtre du GPS, ainsi que des programmes d'avions furtifs Jusqu'alors, les communications informatiques reposaient sur l'utilisation de circuits dédiés, tout comme les communications téléphoniques. L'agence DARPA lance donc en 1966 un projet de réseau informatique reliant certaines universités américaines. Sans objectif particulier d'un point de vue militaire, ce projet devient le réseau ARPA et en 1969 il relie quatre centres :

1974 - TCP-IP

Depuis ses débuts, le réseau ARPANET s'appuyait sur une couche protocolaire de communication appelée "Network Control Program". assurant la gestion des flux inter-composants de communications des ordinateurs du réseau. La gestion des couches physiques et réseau était quant à elle confiée aux composants appelés IMPS (Interface Message Processors). NCP assurait donc la gestion de la couche Transport des données au travers de deux protocoles: AHHP (Arpanet Host-to-Host Protocol) chargé de contrôler les flux de données unidirectionnels entre machines et ICP (Initial Connection Protocol) chargé d'établir une communication bi-directionnelle s'appuyant sur les flux gérés par AHHP. Les applications logicielles s'appuyaient alors sur une interface avec la couche NCP pour dialoguer.